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Business : 6 conseils avant de racheter une boîte

Et si plutôt que de créer votre société, vous la rachetiez ? Environ 20 000 entreprises de 1 à 249 salariés sont à vendre en France, d'après l'association Cédants et repreneurs d'affaires. Des opportunités qui présentent un précieux avantage. Le nouveau dirigeant n'a pas à créer son marché, il existe déjà ! Et contrairement aux idées reçues, une reprise ne coûte pas forcément plus chère qu'une création.

« Il ne faut pas oublier que le lancement d'une société nécessite d'avoir assez de trésorerie pour se dégager un salaire avant que l'activité soit rentable. Il est également plus difficile d'obtenir un crédit, car la banque ne dispose pas d'historique des comptes, mais seulement d'un business plan basé sur le ressenti du futur dirigeant », souligne Yann de Monclin, responsable d'Arcane, un cabinet de conseil en reprise et transmission d'entreprise basé à Senlis (Oise). Il nous livre six recommandations pour réussir son acquisition.

1. Faire jouer ses contacts

« Dans les ventes d'entreprises, il y a deux marchés. Le visible, disponible sur Internet, qui représente environ 30 % des offres. On le trouve sur les portails des Chambres de commerce et d'industrie, des Chambres de métier et de l'artisanat ou sur le site des Cédants et repreneurs d'affaires. Mais il y a surtout le marché caché, dans lequel les cessions se font dans l'entourage du dirigeant. Le cédant ne souhaite pas inquiéter ses salariés, ses clients ou ses fournisseurs au risque de nuire à son activité. Il faut donc faire jouer son réseau pour connaître les opportunités à saisir sur ce marché caché. »

2. Eviter de s'emballer

« Le plus dur lorsqu'on souhaite racheter une entreprise, c'est de la trouver. Si on a un coup de coeur, qu'on se projette, on peut vite être aveuglé. C'est le même principe que lorsqu'on acquiert une maison : on ne voit plus et on ne veut plus voir les défauts. Il faut se laisser du temps pour réfléchir avant de prendre une décision. »

3. Vérifier sa rentabilité

« Ce qui fait la valeur d'une société pour un repreneur, c'est sa rentabilité. C'est elle qui va déterminer son prix. Il est donc primordial de la vérifier en réalisant une analyse financière détaillée. Pour cela, il faut être accompagné au minimum d'un expert-comptable, mais aussi d'un avocat pour le côté juridique, et si possible d'un négociateur. Ce sont des dépenses à anticiper. L'acquéreur va souscrire un crédit pour financer son achat. Il devra être en mesure de le rembourser. »

4. Négocier le prix

« Il faut savoir qu'une entreprise en phase de croissance sera vendue plus chère que si elle traverse une période de déclin. D'une manière générale, tout se négocie. Il faut juste trouver les bons mots et ne pas oublier qu'on a affaire à des patrons, qui ont investi beaucoup de temps dans leur boîte. Il faut tenir compte de leur susceptibilité et respecter leur gestion. »

5. Garder le personnel

« Si l'entreprise rachetée emploie du personnel, il faut le garder. Ce qui fait la force d'une société, c'est le savoir-faire de ses salariés. Il faut donc veiller à ce qu'ils adhèrent à votre projet. Si l'entreprise est viable, c'est aussi grâce à eux. »

6. Organiser la passation

« Le rachat nécessite souvent une période de transition, où le cédant et le repreneur travaillent ensemble. Dans les sociétés artisanales notamment, le patron devra transmettre son savoir-faire. Généralement, quelques mois de collaboration suffisent. Mais quand les connaissances techniques sont très pointues, cela peut prendre plus de temps. »


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